Grand français et petit carnet, c’est dans Science et Vie

Science et Vie propose dans son numéro de juillet 2015 un dossier sur la croissance, intitulé « les français sont trop grands ». Connu pour ses titres accrocheurs pour la vulgarisation scientifique, le mensuel traite ici l’impact sur l’environnement du français toujours plus grand. Ça nous change des articles écrits un peu trop vite sur le sujet, ponctués de 2 phrases types que les grands entendent dans la rue, le record de taille, etc. Plusieurs sujets se croisent autour de l’industrie, par exemple alimentaire, pour justifier la mise à jour de notre carnet de santé.

Oui, mais c’est MA courbe

Ce petit dossier de 4 pages donne un regard global et scientifique sur l’amélioration des conditions de vie qui justifie cette mise à jour de la courbe de croissance dans notre cher petit carnet de santé (suite aux conclusions sur ce thème par la recherche en avril 2015). Le principe serait d’utiliser la courbe de l’OMS (oui dans le secteur de la santé, nous les français on aime bien avoir notre truc à nous, même si c’est nul, ben c’est notre truc, na!). Un argument avancé par Barbara Heude, chercheuse à l’Inserm, évoque une différence entre la courbe française et celle de l’OMS: la courbe de l’enfant tracée sur la base de l’OMS pourrait alors montrer des écarts qui inquièteraient les parents. Là encore, je trouve ça moyennement recevable car un support de santé digne de ce nom ne doit pas partir d’une éventuelle inquiétude (et il faudrait peut-être se demander pourquoi les parents s’inquiètent dès qu’ils sentent leur enfant hors de la dite norme), mais d’un besoin (le suivi de l’enfant via ses mesures) et d’un objectif (détecter d’éventuels dysfonctionnement, avoir un repère pour analyser d’autres données).

3 facteurs ont accéléré la croissance des français

  • L’alimentation
  • Les vaccins et antibiotiques
  • Le suivi des grossesses

Va ptet falloir commencer à tenir compte de la réalité

Un encart en page 46 est pour nous les grands : un topo sur la nécessaire adaptation des industriels. Les enjeux commencent à se faire sentir étant donné la banalisation des grands : on a tous entendu mamie dire « ils sont plus grands les jeunes maintenant hein ». Aussi, constructeurs automobiles, cuisinistes, compagnie aériennes, la SNCF sont typiquement en demandes de données.

Étiquettes des fringues: la stature plutôt que l’âge, on n’y avait pas pensé

L’étiquette avec l’âge sur le vêtement a fait rire plus d’une maman de grand, qui habille son bébé en 16 ans. L’institut Français du Textile et de l’Habillement préconise d’indiquer la stature plutôt que l’âge sur l’étiquette. Au passage, c’est à se demander pourquoi on a commencé par mettre un âge au lieu d’une stature, mais c’est un autre débat.

Rééditer le carnet: et si on se posait les bonnes questions?

Si l’idée d’être à jour est légitime, on pourrait tout de même se pencher sur un truc assez pratique qui commence à être utilisé par ci par là, comment ça s’appelle déjà… le numérique! On possède en effet déjà une carte vitale, qui se fraye son petit bonhomme de chemin entre deux papiers carbones, étiquettes et tampons. Une carte de santé unique faisant office de carte vitale mais aussi de carnet de santé éviterait la notion de version puisque les données de base comme celles d’une courbe de croissance type seraient toujours à jour… Encore une fois, on réfléchit aujourd’hui pour demain avec les outils d’hier (sachant que l’informatique ne date pas d’hier!).

Allez, on revient sur cet article dans 10 ans et on en reparle 😉 En attendant, consultez l’article dans son intégralité dans les 4 pages ci-après, bonne lecture !